Céline Dion – Plénitude Arena – Septembre/Octobre 2026

En septembre 1996, Céline Dion était en pleine tournée mondiale pour son album Falling into you, un de ses albums le plus vendus avec plus de 30 millions de copies dans le monde. 30 ans plus tard, Céline est toujours sur scène, toujours en voix et toujours ovationnée.

C’est à la Plénitude Arena que son grand retour a lieu. Après plus de 6 ans d’absence, après la tournée Courage reportée à cause de la pandémie et purement annulée ensuite pour cause de maladie auto-immune, Céline revient. Elle commence son show avec On ne change pas. Ici, la petite fille de Charlemagne qu’elle a été porte du Dior. La scène est grande et le décor très simple, deux blocs de granit couleur claire qui tournent sur eux-mêmes où sont installés les musiciens, un lustre composé de plusieurs rectangles qui tournent aussi. Des écrans géants de chaque côté de la scène permettront au public éloigné de profiter de chaque sourire de la star. Des sourires, il y en aura, des larmes aussi. Céline remercie son public pour sa présence, son soutien durant ce chemin plus long que prévu et parsemé d’embûches, qu’elle n’a toujours eu qu’un seul objectif : revenir sur scène. Elle demande la permission à son public de parler ensuite en anglais pour les non-francophones dans la salle et ils sont nombreux…

Céline Dion enchaine les titres et se change plusieurs fois. Ainsi, sur un peu plus de deux heures de show, on a le droit, entre autres, à Destin, Because You Loved Me, Encore un soir, My Heart Will Go On, Beauty and the Beast, J’irai où tu iras, Dans un autre monde, Courage, Love Can Move Mountains, S’il suffisait d’aimer.

Durant les différents changements de tenues, toutes aussi magnifiques les unes que les autres (Chanel, Tom Ford, Givenchy…), les musiciens jouent (comme le délicieux solo de Simon Royer, un des violonistes) après le medley I Feel Love/I’m Alive/That’s the Way It Is/Sweet Dreams (Are Made of This). Les écrans géants diffusent des vidéos de Céline dans le désert, seule au début, devant une longue route à parcourir, un peu comme les dernières années où sa maladie avait pris le dessus. Et puis, des gens la rejoignent et le désert parait plus facile et sur scène aussi puisque plusieurs titres seront chantés avec la chorale Exclusive Music sur notamment The prayer, It’s All Coming Back to Me Now. Il y a comme une suite logique à ces chansons, l’enfant Céline Dion qui rêve de devenir grande du début, s’accomplit dans l’amour avec The power of love et quel que soit ce qui se passe dans sa vie, sera toujours là, à chanter avec Je chanterai. Entre deux tenues, les écrans géants dévoilent Céline dansant avec d’autres. Cette vidéo de quelques minutes rappelle le tableau scénique que Franco Dragone avait mis en scène pour Seduces me lors de sa première résidence en 2003 à Las Vegas. Céline dansant avec d’autres, c’est aussi un symbole de résilience supplémentaire qu’elle offre alors qu’elle est atteinte de la maladie de l’homme raide, une maladie qui provoque des spasmes et de raideurs musculaires.

Céline nous fait rire avec les différences linguistiques entre le français de France et son français à elle qui vient du Canada. Elle se moque des Parisiens en reprenant leur accent. Elle parle peu, mais bien : pour elle, son rôle en tant qu’artiste est de faire perdre de vue le temps d’un concert les problèmes des uns et des autres et qu’il faut ne jamais oublier « qu’on ne sait pas ce que le voisin traverse ».

Ce spectacle classe et sobre ne connaît pas de fausses notes mais on peut quand même reprocher un choix de chansons pas toujours judicieux. En français, à part Un garçon pas comme les autres, seules les grandes chansons que Goldman lui a faites ont été chantées. Aucune trace de l’album D’Elles ou de Sans attendre qui contiennent S’il n’en restait qu’une, Je ne suis pas celle, La mer et l’enfant, Que toi au monde, qui sont quand même des pépites dans la discographie de Dion. Il en est de même pour le choix anglophone des chansons (trop nombreuses pour les gens dans la salle dont la carrière de Dion se cantonne à Pour que tu m’aimes encore). Ne pas chanter son premier grand titre en langue de Shakespeare qu’est Where does my heart beat now n’est pas un bon choix. Si elle tenait absolument à chanter The Chase (peut-être connait-elle à nouveau l’amour et c’est tant mieux) et Ebben? Ne andrò lontana un air d’opéra (pas vraiment utile si ce n’est de rendre hommage à La Callas qu’elle idolâtre), le public aurait préféré entendre un peu plus de son album Taking chances et surtout de Let’s talk about love (Elle ne chante que la bande originale du film Titanic). On pourra aussi reprocher la modification de la liste des chansons en cours de résidence. Si Ne bouge pas ne manque pas vraiment, Des milliers de baisers oui. Et surtout, Dansons et Bonjour pardon merci, ses deux derniers titres, prémices de son prochain album, ne sont quasiment pas chantés : 2/3 fois pour le premier, à la dernière pour le titre d’Ycare. Ceci est clairement dommage de ne pas avoir mis à l’honneur ces deux nouvelles chansons lors de cette résidence. Peut-être le seront-elles lors des dates de mai 2027 ?

Un dernier reproche, mais qui n’est pas pour Céline Dion, quasiment parfaite, le système de mise en ventes des places à des prix pas vraiment normaux : les trois premiers rangs d’un dernier balcon au fond d’une salle ne peuvent pas être considérés comme une catégorie or. Il est clair que personne dans son staff n’a pu reprendre le travail que René Angélil faisait en prenant en considération et en respectant le public qui venait applaudir.

Pour finir, dans un bustier Alaïa, Céline chante All by myself, le public se lève et l’acclame encore une fois. Puis vient la dernière, celle que tout le monde attend : Pour que tu m’aimes encore. Le public chante encore plus fort qu’elle, à l’unisson. Au début du concert, Céline dit « Vous avez été ma lumière dans le noir, et ce soir, vous êtes mon soleil au bout de la route. » Tout soleil éclaire un univers, pendant 16 soir à la Plénitude Arena, Céline Dion était à elle seule un univers rempli de bonheurs, de sincérité avec une voix plus époustouflante que jamais, marquée par la vie et les douleurs mais toujours là.