Véronique Sanson – Olympia – Paris – 2012

C’est à l’Olympia, pour une série de cinq concerts consécutifs, que Véronique Sanson et son piano noir prennent possession de la scène.

Pour commencer à nous ouvrir son univers, elle offre sa première partie à Christopher Stills, son fils, pour une petite demi-heure. Si le jeune homme n’a pas pris son nom pour se faire une place dans le métier, il a néanmoins pris quelques doses du talent de sa mère et a bien évolué depuis l’avant Cléopâtre.

Puis, vêtue d’un pantalon en cuir noir et d’une veste noire sertie de quelques paillettes brillantes, Véronique s’impose sur les planches de l’Olympia avec son monde à elle, rempli de poésies, de mélodies bouleversantes et entrainantes, de sincérité, de douces violences. Accompagnée d’une douzaine de musiciens, elle nous envoûte de son piano avec lequel elle jouera pratiquement tout le long du spectacle.

Les chansons filent comme des étoiles les unes après les autres. Les nouvelles au début comme Je me fous de tout, Qu’on me pardonne, Si toutes les saisons ou bien encore Juste pour toi. Pour les anciennes, et les cultissimes donc, on a droit à J’me suis tellement manquée (avec un arrangement différent mais qui ne change rien à la magie de cette chanson), Vancouver (souvent réclamée par les fans), Sans regrets, Le temps est assassin, Rien que de l’eau. Elle chante aussi Chanson sur ma drôle de vie, récemment reprise en tant que bande originale de Tout ce qui brille, et donc arrangée un peu différemment, afin de montrer, qu’elle aussi, elle peut reprendre ses chansons et leur donner un « coup de jeune » malgré les quarante années qui la sépare de son premier tube Amoureuse.

Les années passent, et Véronique est toujours la même, chantant ses blessures, ses déceptions, ses amours, ses bonheurs, le temps qui passe et l’amour qui se perd. Elle s’amuse avec le public et avec son plus fidèle compagnon de route qu’est son piano. Elle nous charme par ses prouesses pianistiques et par le vibrato de sa voix, si reconnaissable entre toutes, par ses textes d’une poésie et d’une émotion sans égale comme avec Toute une vie sans te voir, qui parle à tout le monde et pas forcément d’un amour perdu.

La plupart des intermèdes entre les chansons connaissent une standing ovation pour la remercier et la féliciter de son talent de génie qui « a une longueur d’avance sur toute l’éternité » tant en tant qu’auteure que compositrice. Et même si l’artiste a des failles, qu’elle n’a ni honte ni peur d’assumer et qui au fond lui ont fait écrire ses plus belles chansons, même si elle n’a pas chanté certains de ces classiques comme Ma révérence (qui manque cruellement…), même si elle a un public qui réagit comme des adolescents devant la star du moment, même si elle passe un peu trop de temps à nous présenter ses musiciens, certes très talentueux, qu’elle se rassure, non seulement, on lui pardonne tout, mais surtout, on ne l’oubliera tout simplement jamais….